Losarmoneir

Jornau electronic gascon en Gironda

13 novembre 2016

Sonet deu 13/11

Classé dans : ACTUALITATS,Literatura,OPINION — Lo Sarmoneir @ 15 h 03 min

Coma som lo 13 de novembre, qué de milhor qu’un petit poèma a mòda de  commemoracion ?

 

Jo, saunegi d’un monde ont totas les grumilhas
Guitzaràn per la jòia, briga per la tristessa.
Shens mèi de violéncia, cant’ràn devath les trilhas
Serà un polit jorn, lugrej’rà l’alegressa !
 
Los praubes auràn sòs e los corrauds ostaus,
Cadun aurà trabalh, digun s’rà escarnit,
Digun n’aurà pas mèi talent, set o mèi frid,
Los apenats van ríser, van garir los malauds !
 
Perqué tuvar, blaçar, perqué hèser la guèrra ?
Perqué escagassar çò que viu sus la tèrra ?
Perqué tot deishibrar, donc, au lòc de parar
 
Una man bienvolenta, una man amistosa ?
L’umanitat es un teishut a tornar cóser,
Un linçòu que nos fau pauc a pauc pedaçar.

27 février 2016

A prepaus d’un article sus l’òc… e los Basques !

Classé dans : ACTUALITATS,Au hiu deus jorns,OPINION — Lo Sarmoneir @ 12 h 59 min

Dens Le Républicain a pareishut un article sus la 300a emission Adishatz de l’infatigable Alan Pèire. Mès fau díser que l’article me sembla escrivut un pauc a la pilha-peròc, demb bien d’aproximacions de hons.

‘L’occitan [...] surtout utilisée dans le sud de la France au Moyen-âge’ : lo correspondent locau sembla pas saber que la lenga d’òc èra encara la lenga costumèira i a una cincantena d’annadas.

‘L’occitan est une langue littéaire, administrative et juridique’ : cresi pas qu’augi utilisat un present de narracion mès que boira totas les epòcas. Lenga literària a tengut, l’occitan arrestèt d’èster una lenga administrativa e juridica (en duhòra deu vath d’Aran) i a bien longtemps.

‘Celle-ci, refusant la standardisation’ : n’en coneishi que cargarén lo borit en lugissent aquò ! ‘Le français et l’espagnol, moins tolérants et plus universels’ : desempui quand i a de lengas tolerantas o pas ?

E achí lo flòc :

‘La langue basque qui veut rester l’exclusivité des seuls Basques et qui rechigne à s’ouvrir vers l’extérieur’ : los peus se me quilhan sus lo cap ! Au mens, los Basques, eths, arriban a mantenir lur identitat e son pas una region ensorelhada ont los cossuts de París se van passar la retrèita dens una villà aus murs ròse viu bastida au detriment d’una tèrra agricòla.

1 novembre 2015

Discors prononçat au memoriau deu camp de Soge (Martinhàs) lo 25 d’octòbre 2015

Classé dans : ACTUALITATS,Gravas,Istòria — Lo Sarmoneir @ 22 h 03 min

Discors prononçat au memoriau deu camp de Soge (Martinhàs) lo 25 d’octòbre 2015. 

La version gascona seguís.

Transmetut per Bruno BALLOUX.

Mesdames, Messieurs, Chers Amis, Chers Camarades,

(…)

Il est des moments où l’actualité interpelle fortement le travail de mémoire. Cette année 2015 est un de ces moments. Rappelons-nous, début janvier, les attaques contre le journal Charlie Hebdo à Paris, contre le magasin Hyper Casher Porte de Vincennes, et de la fusillade volontaire de journalistes, de policiers, de juifs, ainsi que d’autres personnes, dont un Arabe, qui travaillaient dans les lieux attaqués.

Nous savons combien sont déjà morts pour défendre des idées, des êtres humains avec leurs différences, pour nous engager résolument pour la tolérance, pour les valeurs républicaines, pour le mieux-être de tous, contre la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme, contre tout  intégrisme.

C’est ce contexte, caractérisé également par la montée des extrêmes-droites en Europe notamment, qui nous conduit à évoquer encore une fois toutes les victimes fusillées dans cette enceinte, avec cette année un regard particulier sur ceux d’entre eux qui étaient étrangers.

Le premier des fusillés est Israël Karp. Le 24 août 1940, au passage de la garde d’honneur allemande allant hisser le drapeau, il « se précipite en brandissant  un bâton contre le tambour-major et les musiciens militaires » selon le stadtkommandant. Des témoins, eux, n’ont vu qu’un homme brandissant le poing. Qui était-il ? Il semble qu’il soit né en Pologne. Il aurait participé à la guerre 14-18 dans les rangs français. Pouvait-il être l’un des marchands ambulants qui, avant la guerre, s’installaient à l’entrée du camp militaire de Souge ? Etait-il ce colporteur vivant en Belgique depuis 1922 et qui aurait fui devant l’avance allemande ?

Français ? Etranger ? Peu importe. Nous ne sommes pas certains de tout, mais, sur la base de l’acte de naissance ou de fiches de police, 27 des 256 fusillés étaient considérés comme étrangers, soit 11 % à peu près : 9 Espagnols, 6 Soviétiques, 4 Italiens, 2 Polonais, 2 Allemands, 1 Roumain, 1 Hongrois, 1 Haïtien et 1 d’origine inconnue.

S’agissant des Espagnols (José Figueras, les frères Robert et Denis Garcia, Vincent Gonzalez, Jacques Palacin, Jean Rodriguez, Joseph Uschera, Lucien Vallina, Leandro Vigil), beaucoup sont venus après la guerre civile où ils avaient déjà combattu le fascisme de Franco. C’étaient des combattants de la liberté confirmés, ils ont continué ici, naturellement. D’autres étaient là depuis plus longtemps, ayant fui la misère des guerres économiques. Certains sont retournés en Espagne combattre pour la république et revenus en France pour poursuivre le combat, comme Lucien Vallina.

Sur les 6 Soviétiques, il reste beaucoup d’interrogations sur leurs noms, leurs lieux de naissance. Incorporés dans l’armée allemande, ils sont envoyés la renforcer à Soulac. Après guerre, le rapport établi par le chef de bataillon Cadalen révèle que c’étaient des agents travaillant contre l’Allemagne, décidés à éliminer les sous-officiers de son armée. Dénoncés, ils ont été condamnés à mort ; 4 furent fusillés à Soulac et 6 autres ici, le 9 mai 1944.

Comme les Espagnols, les Italiens étaient là soit depuis longtemps, ayant fui la misère, soit après avoir combattu le fascisme mussolinien. Ils ont poursuivi leur combat avec le peuple français, au sein des Francs-Tireurs Partisans Main d’œuvre Immigrée pour trois d’entre eux (Guisto Carione, Giuseppe Montanari et Werter Saielli), au sein de l’Armée secrète pour Emilio Perrin.

Le deuxième fusillé polonais (Stanislas Ryps) a été arrêté en essayant de faire passer en Espagne un aviateur anglais tombé dans les Côtes-du-Nord.

Le 13 octobre 1944, place du Capitole à Toulouse, les autorités et une foule considérable ont rendu hommage au résistant du Mouvement national de Libération, Nadler Litman, né en Roumanie, étudiant en médecine et appelé docteur Madeleine.

Réfugié de Strasbourg, un Hongrois (Martin Wittemberg) sera fusillé après avoir été arrêté dans un village martyr de Dordogne, Saint-Michel-de-Double, comme Eugène Strauss, Alsacien né en Allemagne. Ils font partie, avec Jean-Michel Fortinsky dont nous ne connaissons pas le lieu de naissance, des 7 israélites sacrifiés et identifiés comme tels sur les listes de fusillades.

Il était né à Haïti, Loulou (Louis Rochemont), dont la femme tenait un commerce à Bègles. Syndicaliste à la CGTU, il vend L’Humanité ; le directeur de la CENPA le confirme à la police de Vichy : « À aucun prix je ne le reprendrais dans mon usine », « il professait des opinions communistes ». Il est fusillé comme otage le 24 octobre 1941.

Enfin Alphonse Fellman, né à Fribourg et réfugié dans le Médoc, appartenant au maquis de Vignes Oudides, sera fusillé à 21 ans le 1er août 1944.

Ainsi, gaullistes, socialistes, juifs, communistes, chrétiens, sans engagement particulier, ces combattants antifascistes, étrangers, ont contribué à redonner sa liberté à notre pays.

La liberté et plus, car grâce à leur sacrifice, la société sera aussi plus humaine et pourra, par exemple, mettre en œuvre le programme du Comité national de la Résistance, la Sécurité sociale, dont nous fêtons cette année le 70e anniversaire. Pouvoir se soigner suivant ses besoins, payer suivant ses moyens, cet acquis de la Libération, c’est aussi un résultat de leur engagement.

Les fusillés de Souge furent donc à l’image de ce que fut la résistance dans toute sa diversité, à l’image de la France. Des femmes et des hommes, refusant la haine et la barbarie, relevant la tête pour construire un autre avenir à notre pays.

Depuis l’automne 1944, année après année, des hommes et des femmes viennent rendre hommage aux fusillés. Cet hommage n’est pas seulement celui à des morts même si c’est important. C’est un hommage à leur combat, à une idée du genre humain, à une certaine idée de la France.

La France a été une terre d’asile pour des générations d’immigrés poussés par la misère, les guerres. Notre pays est riche des migrations successives qui font notre peuple tel qu’il est aujourd’hui.

Pour terminer, après beaucoup d’hésitations, je vais vous faire part de souvenirs personnels. Pour une association mémorielle, quoi de plus normal après tout.

Après l’arrestation de mon grand-père, ma grand-mère et ma mère allaient chaque semaine au fort du Hâ où il était incarcéré. Elles lui amenaient des vêtements propres.

Elles essayaient de le voir, d’avoir des nouvelles. En fait de nouvelles, elles recevaient, en échange du linge propre, le linge de la semaine écoulée.

Mon grand-père était, tous les 2 ou 3 jours, extrait de sa cellule pour être interrogé par le commissaire Poinsot et ses sbires. Etre torturé pour parler clair. Et le linge de la semaine était déchiré, maculé de sang et de pus. Ceci jusqu’à ce qu’il soit transféré à Mérignac, puis venir ici et y être fusillé.

Une semaine, dans les plis du linge, ma grand-mère a trouvé un message griffonné : « Sauve-toi. Ils veulent te déporter. »

En effet, vous avez vu la stèle, en passant : les Allemands déportaient les femmes de fusillés, beaucoup y sont mortes. Les enfants étaient dispersés.

Aussi, ayant lu ce message, ma grand-mère, 30 ans, a pris ses enfants par la main et a gagné la zone libre vers Bazas. À pied, sans le sou. Ils étaient affamés, dormaient dehors. L’armée allemande les a repoussés une fois. Ils ont fini par passer. Ma mère, 10 ans à l’époque, avait de la fièvre. Le pharmacien a refusé de donner les médicaments, même en échange de la bague de ma grand-mère.

Lorsque je vois des enfants, des femmes, des hommes à nos frontières, je me dis que c’est nous hier. Il n’y avait pas de mer à traverser.

Les fusillés sont morts pour la liberté, certes, mais aussi pour un monde plus humain, plus fraternel, un monde de paix.

Soyons dignes d’eux. Merci.

***

Mesdamas, Mossurs, Shèrs Amics, Shèrs Camaradas,

 

 

(…)

 

Son de moments ont l’actualitat interpèla fòrtament lo trabalh de memòria. Aquesta annada 2015 n’en es. Rapelam-nos, debut genvèir, les atacas contra lo jornau Charlie Hebdo a París, contra lo magasin Hyper Casher Porte de Vincennes, e de la fesilhada volentària de jornalistas, de policièrs, de judius amèi d’autas gents dont un Arabe, que trabalhèvan dens los lòcs atacats.

Sàbem combien son dejà mòrts per defénder idèias, èstes umans demb lurs diferéncias, per nos engatjar resoludament per la tolerància, per les valors republicanas, per lo milhor-èster de tots, contra la xenofobia, lo racisme, l’antisemitisme, contra tot integrisme.

‘Quò’s aqueth contèxte, caracterisat tanben per la montada de les extrèmas-dretas en Euròpa entr’auts, que nos menha ad evocar encara un còp totas les victimas fesilhadas sus ‘queth airiau, demb engan un regard particulièr sus los qu’entremitan eths èran estrangèirs.

Lo prumèir deus fesilhats es Israël Karp. Lo 24 d’aost 1940, au passatge de la garda d’aunor alemanda anant mastar lo drapèu, se « ronça en brandissent un barròt contra lo tambor-major e los musicians militaris » sivant lo stadtkommandant. De temonhs, eths, viren sonqu’un òme parant lo punh. Qui èra  aqueth ? Sembla qu’èsti neishut en Polonha. Auré participat a la guèrra 14-18 dens les rengas francesas. Es que podèva èster un deus marshands ambulants qu’avant la guèrra s’installèvan a l’entrada deu camp militari de Soge ? Èra aqueth shinaire vivent en Belgica desempui 1922 e qu’auré hujut davant l’avança alemanda ?

Francés ? Estrangèir ? ‘Quò rai. Som pas certèns de tot, mès, sus la basa de l’acte de neishença o de fishas de polícia, 27 deus 256 fesilhats èran considerats coma estrangèirs, sii 11 % a pus près : 9 Espanhòus, 6 Sovietics, 4 Italians, 2 Polonés, 2 Alemands, 1 Romanés, 1 Ongrés, 1 Aïcian e 1 d’origina inconeishuda.

Per çò qu’es deus Espanhòus (José Figueras, los frairs Robert e Denis Garcia, Vincent Gonzalez, Jacques Palacin, Jean Rodriguez, Joseph Uschera, Lucien Vallina, Leandro Vigil), bien vinguren après la guèrra civila ont avèvan dejà combatut lo fascisme de Franco. Èran de combatents de la libertat confirmats, contunhèren achí, au solide. D’auts èran aquí de pus longtemps avant, augent hujut la misèra de les guèrras economicas. N’i’n a que tornèren en Espanha combàter per la republica e que s’entornèren en França per perseguir lo combat, coma Lucien Vallina.

Suus 6 Sovietics, damòra bien d’interrogacions sus lurs noms, lurs lòcs de neishença. Incorporats dens l’armada alemanda, son enviats per la renforçar a Solac. Après la guèrra, lo rapòrt establit per lo cap de batalhon Cadalen revèla qu’èran d’agents trabalhant contra l’Alemanha, decidats ad eliminar los sos-oficièrs de son armada. Desnonciats, esturen condamnats a mòrt ; 4 esturen fesilhats a Solac e 6 auts achí, lo 9 de mai 1944.

Coma los Espanhòus, los Italians èran aquí sii dempui pausa, augent hujut la misèra, sii après auger combatut lo fascisme mussolinian. Perseguiren lur combat demb lo pòple francés, dens los Francs-Tireurs Partisans Main d’oeuvre Immigrée per tres d’entr’eths (Guisto Carione, Giuseppe Montanari e Werter Saielli), dens l’Armada secreta per Emilio Perrin.

Lo dusième fesilhat polonés (Stanislas Ryps) estut arrestat en assajant d’hèser passar en Espanha un aviator anglés tombat dens les Côtes-du-Nord.

Lo 13 d’octòbre 1944, plaça del Capitòli a Tolosa, les autoritats e un monde fòrt important renduren aumatge au resistent deu Movement nacionau de Liberacion, Nadler Litman, neishut en Romania, estudiant en medecina e aperat doctor Madeleine.

Refugiat d’Estrasborg, un Ongrés (Martin Wittemberg) serà fesilhat après estar estat arrestat dens un vilatge martir de Dordonha, Sent Miquèu de Dobla, coma Eugène Strauss, Alsacian neishut en Alemanha. Hèsen partida, demb Jean-Michel Fortinsky dont sàbem pas lo lòc de neishença, deus 7 israëlitas sacrificats e identificats coma taus sus les listas de fesilhadas.

Èra neishut en Aïti, Loulou (Louis Rochemont), dont l’esposa tenèva un comèrce a Bèglas. Sindicalista a la CGTU, vend L’Humanité ; lo director de la CENPA ec confirma a la polícia de Vichèi : « A nat prètz lo tornarí préner dens ma fabrica »,« professèva de les aupinions comunistas ». Es fesilhat coma otatge lo 24 d’octòbre 1941.

Enfin Alphonse Fellman, neishut a Friborg e refugiat dens lo Medòc, apartenent au maquís de Vinhas Hodidas*, serà fesilhat a 21 ans lo 1èir d’aost.

Antau, gaulistas, socialistas, judius, comunistas, crestians, shens engatjament particulièr, aqueths combatents antifascistas, estrangèirs, contribuèren a tornar balhar sa libertat a nòste país.

La libertat e mèi, perque graça a lur sacrifice, la societat serà tanben pus umana e poirà, per exemple, aviar lo programa deu Comitat nacionau de la Resisténcia, la Securitat sociala, dont hestéjam engan lo 70e anniversari. Poder se sonhar sivant sos besonhs, pagar sivant sos moièns, aqueth aquist de la Liberacion es tanben un resultat de lur engatjament.

Los fesilhats de Soge esturen donc a l’imatge de çò qu’estut la resisténcia dens tota sa diversitat, a l’imatge de la França. De hemnas e d’òmes, desgitant la dèrnha e la barbaria, requilhant lo cap per bastir un aut avenir a nòste país.

Desempui l’autòne de 1944, annada après annada, d’òmes e de hemnas vènen rénder aumatge aus fesilhas. Aqueth aumatge es pas solament lo a de mòrts mème se ‘quò’s important. Aquò’s un aumatge a lur combat, ad una irèia deu genre uman, ad una certèna irèia de la França.

La França es estada una tèrra d’aculh per de generacions d’immigrats possats per la raquèra, les guèrras. Nòste país es rishe de les migracions successivas qu’hèsen nòste pòple tau coma es anuit.

Per acabar, après bien d’esitacions, vau vos hèser part de sovenirs personaus. Per una associacion memoriala, qué de pus normau après tot.

Après l’arrestacion de mon grand-pair, ma grand-mair e ma mair anèvan cada setmana au fòrt deu Har ont èra incarcerat. Li portèvan de vestits nets.

Assagèvan de lo véser, d’auger de novèras. En fèit de novèras, recebèvan, en esçange deu linge net, lo linge de la setmana passada.

Mon grand-pair èra, cada 2 o 3 jorns, tirat de sa cellula per èster interrojat per lo comissari Poinsot e sos varsalièrs. Èster torturat per parlar clar. E lo linge de la setmana èra esbrifat, trulhat de sang e de postèma. Aquò dinc a qu’estussi transferat a Merinhac, pui achí pr’i èster fesilhat.

Una setmana, capvath los plecs deu linge, ma grand-mair trobèt un messatge grifolhat : « Sauva-te. Vòlen te desportar. »

En efèit, atz vist l’estèla a la passada : los Alemands desportèvan les fimèlas de fesilhats, bèth-arremat s’i moriren. Los mainatges èran esbarjats.

Atau, augent lugit aqueth messatge, ma grand-mair, 30 ans, prengut sos dròlles per la man e junhut la zòna libra devèrs a Vasats. A pè, shens un quite ardit. Èran ahamiats, dromèvan duhòra. L’armada alemanda los repossèt un còp. Feniren per passar. Ma mair, 10 ans a l’epòca, avèva fièbra. Lo farmacian refusèt de balhar les potingas, mème en esçange deu quite anèth de ma grand-mair.

Quòra vesi de dròlles, de hemnas, d’òmes a nòstas termièras, me disi qu’èram nosauts gèir. I avèva pas de mar a traversar.

Los fesilhats moriren per la libertat, òc-ben de vrai, mès tanben per un monde pus uman, pus fraternau, un monde de patz.

Èstim dignes d’eths. Mercís.

 

* Gascon medoquin/bordalés : hodir = bêcher, labourer, etc.

23 avril 2015

Manuel Valls e la religion

Classé dans : ACTUALITATS,Alhurs,Au hiu deus jorns,OPINION,Politica — Lo Sarmoneir @ 12 h 58 min

« Vouloir s’en prendre à une église, c’est s’en prendre à un symbole de la France », vachí les paraulas de Manuel Valls que vèni de lugir dens l’Est Républicain. Aqueras paraulas m’an acipat. Tè, n’en sui quasi damorat museishuc. Non, una glèisa n’es pas un  simbòle de la França, ni mèi d’Occitània ni de nat pòple ni de nat estat.  ‘Quò’s un simbòle dau catolicisme. Manuel Valls vodré insinuar que lo catolicisme es coma una religion d’estat en França ? Que lo catolicisme es la sola religion que pausi pas de problèmas ? Mès bondiu, arrestatz donc de balhar a la religion aquera importança ! S’agís – enfin, diuré s’agir – de cresenças e practicas personalas. Es que l’espiritisme, la sorcelaria, l’astrologia, brèf tot çò que concèrna les causas non-concretas, n’en hèsen un afar de politica ? De v’rai, M. Valls, vos haré pas esclapotar de ríser – o vos esmalir benlèu – se los astrològues e mediums s’assemblèvan en haut lòc demb de politicians o se lurs biscanhas  avièvan una guèrra ? Diu vivant !!!

 

15 janvier 2015

Una reflexion sus l’actualitat

Classé dans : ACTUALITATS,OPINION — Lo Sarmoneir @ 20 h 47 min

Los evenements tragics de Charlie Hebdo an pres una virada tant se sichi caricaturala. Mès n’es pas d’aquò que vòli parlar.

Atz remercat que çò qu’es desnonciat es « la terror ». Mès d’ont vèn aquera terror ? N’i’n a que diràn « daus islamistas »… segur. D’auts diràn « daus musulmans » o « daus estrangèirs »… fòrt mens segur. Mès digun gausarà proclamar que vèn « de la religion », tot simplament. D’acòrd, aquò depend de l’interpretacion fanatista que n’en hèsen certèns, mès enfin, se lesi borrèren lo cibòt demb la cresença que la via reala vau mens que los èstes espirituaus, aquò vèn de la religion tot cort.

En d’autas epòcas, ‘quò’ra lo cristianisme qu’hasèva de ravatges : crotzadas, guèrras de religion, inquisicion, etc. E mème se tot aquò’s pus o mens acabat, i a de derivas a pilha-peròc. I a qu’a véser los quites Dies Irae de Bordèu.

Mès los cristians actuaus pòden pas acusar la religion en era-mèma…

10 janvier 2014

Cinemà e rescauhament climatic

Classé dans : ACTUALITATS,Au hiu deus jorns,Ecologia, natura,OPINION — Lo Sarmoneir @ 10 h 51 min

I a pauc de temps, èi gueitat quauques films americans, e ‘quò’s amusant de véser coma se semblèvan. N’i’n avèva un que parlèva d’un evenement meteorologic a granda escala que caperèva los Estats-Units de neveja. Epui n’en son passats dus deu mème tipe : un demb des mini-tornadas que fenissèvan per desvastar pus o mens New York ; un demb des scientifics qu’hasèvan des experienças que causèvan des ventenas morturèiras. Remerquèri tanben qu’i avèva des punts comuns : un cople d’eròis, la quarantena, dont aumens un meteorològue ; un cople de junes. Bien solide, i a  tot un flòc d’explicacions mitat-scientificas alarmistas. E, solide, a la fin, tot fenís per s’arrenjar (inutile d’au precisar !). Me damandi donc s’aqueths films sèrven pas a çò que los Estats-Units s’hèsin perdonar d’estar los mèi grands rescauhaires de la planèta. A mens que sichi una faiçon de se fóter deu rescauhament  climatic. Mès en tot cas, lo problèma es que fòrt de gents pòden créser a les colhonadas que nos contan dens ‘queths films. Fau pas barrejar climatologia e meteorologia. La prumèira sciença concèrna des evenements que se desrotlan sus una longa escala temporala (milèirs, milions d’annadas) ; la segonda concèrna una escala corta (jorns, annada). Lo rescauhament climatic es un fenomène a tròp granda escala per n’en auger paur cada jorn. Epui, mème s’es fòrtament correlat demb l’aumentacion de les concentracions en CO2 d’origina antropica, nada liga de causa ad efèit es desmontrada. L’alternança deus atges glaciaris e interglaciaris n’èra pas  divuda a la pollucion ! E, coma disèva un de mons pròfs, quò’s pas perce que la talha deus malhòts de banh a demingat en mème temps que l’atmosfèra s’es rescauhada qu’i a una liga de causa ad efèit entre los dus !

28 novembre 2013

Jorn de match a Bordèu

Classé dans : ACTUALITATS,Au hiu deus jorns,OPINION — Lo Sarmoneir @ 19 h 53 min

Desser a nau òras, i a un match Bordèu-Frankfürt a l’estade de l’Escura*. I avèva donc un tropèth d’Alemands vestits d’irange que bramèvan – qué disi, que s’escarraquèvan – a plenh canèth, e que chuquèvan bièrras tot lo tantòst. Au solide, a la brolha, comencèt a i auger barsalh. Èran 12 000 e arribèvan a braçats de la plaça de la Victoèra. Falut donc desviar lo tragèit deu bus. Autament dit, aqueths satres pegalhàs de suportaires hèsen cagar les bravas gents dinc a desorganisar lo hilat de transpòrt d’una vila – e una vila estrangèira, amèi d’aquò ! –, e aquò per qué ? Per anar véser un match.

 

Ah, los esportius professionaus ! Quòra pensi a la paga exorbitanta que diu tocar aqueth praube garinhòu de Ribéry… deu temps que gents demb talent, demb inteligença, se retròban au chaumatge o pagats una misèra. E quòra pensi qu’i a 12 000 beaufs alemands pr’anar dincas a Bordèu, e pagar car, per los véser s’essanjar un balon. E, entremitan aqueths admirators deus bròis esportius, diu i auger un brave pilòt de chaumaires non ?

 

Bien solide, sui pas contre les manifestacions. Ni contra los petits clubs de campanha. Mès los esportius professionaus, aimi mèi los inhorar prihontament ! Enfin….. tant que les bravas gents son pas tròp destrauviadas dens lurs aucupacions e lurs tragèits !

 

 

* pas «Chaban-Delmas» : lo culte de la personalitat, non mercís !

Quauques mòts sus l’eutanasia

Classé dans : ACTUALITATS,Au hiu deus jorns,OPINION — Lo Sarmoneir @ 14 h 04 min

Estant ad escotar una emission radiò sus la legalisacion de l’eutanasia, vau n’en díser quauques mòts achí.

Sui favorable a la legalisacion de l’eutanasia. A condicion, au segur, que lo pacient ec damandi. Mon argumentacion es fòrt simpla : perqué oblijar quauqu’un a contunhar a víver quòra sa mòrt es inexorabla e pròisha ? Viri un vielh con menhar son can au veterinari per que lo fissi quòra avèva sonque la ronha ; e los veterinaris prepausan eths-mèmes l’eutanasia quòra l’animaut sofre. Perqué seré pas parelh per nosauts ? Am tendença ad aublidar que som sonqu’animauts, que sófrem coma eths.

N’i'n a que presentan la via coma quauquarren de tan preciós que pòdem pas damandar a morir atau. Se lo medecin ec decida, ‘quò’s un aut desbat, mès s’ec demàndam nosauts-mèmes… !

N’i'n a tanben qu’an paur que la legalisacion de l’eutanasia possi certèns a se suïcidar quòra serén sonque despressius, malauds mentaus,… Mès aquò diuré s’hèser sonqu’en mitan medicalisat dens lo cas de malausias incurablas.

14 novembre 2013

11 de novembre

Classé dans : ACTUALITATS,Au hiu deus jorns,OPINION — Lo Sarmoneir @ 17 h 29 min

11 de novembre… Desser, vesi arribar lo bus ridiculament flocat demb aqueths afrós drapèus blu-blanc-roge. Qui èra aqueth que parlèva deu blu de les bronhas hèitas per los policèirs, deu roge deu sang que los praubes gus voitèren per defénder interèsts que n’èran pas lurs… ?

11 de novembre, coma 8 de mai e autas datas guerrèiras – lo 14 de julhet n’en es, au solide –, disen que son commemorats per que les junas generacions n’aublidin pas çò que se passèt, per que tornin pas hèser la guèrra… brèf, hèstas de patz. Mès la patz diuré estar acompanhada demb la jòia. E les ditas junas generacions, diurén s’amassar per ríser, per se rejoïr de n’estar pas dens un estat en guèrra. E ben non, a la plaça d’aquò, un arremat de vielhs, vestits d’escur e hasent lo morre, escotan musica militària pesanta e discors gaunits de patriotisme pegàs.

E qué nos repapilhan aqueths rangonèirs demb lurs paraulas crusas ? Los braves sordats que tombèren per la patria… Lo sang versat per la França… Som damorats un país libre graça ad eths… Etc. Autament dit : « bravò a los que tuan los auts perceque lesi’c damandan ». E ben non, aqueths sordats son briga mòrts per la França. Son mòrts per ren. Sonque perceque los puishents, los rishes, èran en conflit… e hòp, la praubialha au front. Son simplament victimas e pas eròis. Los eròis son los desertors, los que refusan de se bàter contra d’autas victimas deu sistèma politic, mès que se baten – shens versar sang – contra aqueths puishents.

Poirén encara díser un pilòt de causas. Dirèi simplament que la mèi bròia faiçon de morir es morir per sauvar una via e pas morir per una causa abstrèita – patria, cultura, idèia, religion… Los qu’hèsen passar les causas abstrèitas avant lo bien-èster fisic, la via, la santat, au punt de sacrificar èstes vivents, meritan d’estar fotuts en preison per refleishir sus tot aquò.

22 mai 2013

Dangèirs publics

Classé dans : ACTUALITATS,Au hiu deus jorns — Lo Sarmoneir @ 19 h 01 min

Viatdase !!!! Un ciclista tuat per un camion pòrta de les Salinèiras, e un aut blaçat per un tram que li rentrèt dedens ! Aquò’s tròp. Vai faler que los ciclistas se botin un còp per tots a hèser shau, que lo huc roge es hèit per los protejar e pas per los hèser cagar ! E donc, un  huc roge, fau s’i arrestar. Bon, n’èi pas tròp d’esper per lo passatge pieton cors V.Hugo faça a la rua Leitèira, mès bon… fau i créser.

N’i'n a que diràn « un tram es mèi dangeirós qu’una bicicleta, donc ‘quò’s a d’eth d’hèser shau ». Mès cresi que los menhaires de tram respèctan mèi sovent lur pròpa sinhalisacion que non pas los ciclistas que se cresen tot permés, quau bonur d’estar a l’encòp pieton e veïcule !

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